Colombie – Les violences envers les femmes indigènes et afro-colombiennes

Peuples autochtones Droits des femmes Colombie

Francia Márquez, activiste écologiste et féministe, est actuellement candidate de la coalition de centre-gauche et de mouvements sociaux Pacto Histórico. La candidate soulève à travers sa campagne les liens entre racisme, patriarcat, dépouillement territorial et changement climatique qui affectent les femmes indigènes et afro-colombiennes. Ce contexte de réflexion et de luttes met en lumière la réalité des discriminations et des violences subies par les femmes appartenant à ces groupes ethniques, mais aussi leur capacité d’action par le moyen de réseaux et de collectifs qui cherchent à faire pression sur l’État et sur la société.

QUEL CADRE INSTITUTIONNEL FACE AUX VIOLENCES EN COLOMBIE ? 

Depuis le début du conflit armé colombien en 1964, les violences faites aux femmes indigènes et afro-colombiennes se sont multipliées et amplifiées. Dans la Constitution de 1991, le gouvernement montre un désir de réagir face aux violences faites à ces femmes avec l’élaboration d’un cadre législatif pour encadrer cette problématique et impulser de nouvelles politiques publiques. L’Etat colombien a donc en principe l’obligation de sanctionner les actes et de garantir une protection de ces femmes qui sont victimes du conflit armé. 

Cependant, les politiques menées n’ont pas eu les résultats espérés. Les Accords de Paix conclus en 2016 entre le gouvernement colombien et les FARC peinent à être appliqués et les violences se poursuivent. À l’inefficacité juridique pour protéger les droits des populations indigènes s’ajoutent la poursuite du conflit armé avec d’autres groupes armés, le crime organisé, le narcotrafic, les intérêts économiques et la discrimination historique envers ces populations.

LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES INDIGÈNES ET AFRO-COLOMBIENNES

Les violations des droits des femmes indigènes sont le résultat d’une situation historique de dépouillement, d’absence étatique et de guerre interne. Ces violations se reproduisent au sein d’une société patriarcale et raciste dans laquelle ces femmes ne cessent d’être persécutées pour leur engagement écologiste et politique et sont la cible d’actes de torture, d’enlèvements, de déplacements forcés et d’assassinats. 

Entre passé esclavagiste et racisme structurel, l’inefficacité étatique pour garantir les droits humains transforme le corps des femmes indigènes et afro-colombiennes en butin de guerre. 

Les organisations de défense et protection des femmes afro-colombiennes et indigènes travaillent sur la prévention des violences de genre et ethnico-raciales tout comme leur visibilisation.

Parmi les actions mises en œuvre par les organisations de défense et protection des droits des femmes afro-colombiennes et indigènes en Colombie : prévention des violences de genre et de violences ethnico-raciales, visibilisation des violences, plaidoyer et lutte contre l’impunité.

Dans un contexte de pandémie  qui a exacerbé les violences basées sur le genre et face au danger pour l’intégrité physique des femmes, des luttes se forment au sein de collectifs qui demandent aux autorités colombiennes de garantir juridiquement et  effectivement leurs droits.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat entre Agir ensemble pour les droits humains et l’association Aves de Paso (Cecilia Gärtner et Marion Garcia)


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